Zone de Texte: L’ancienne usine Dégremont, fleuron de la boutonnerie méruvienne et architecture typique qui rappelle les manufactures textiles du Nord de la France, a rouvert en tant que musée en 1999. La visite guidée n’est pas obligatoire mais conseillée car elle permet l’accès aux ateliers, impossible autrement pour des raisons de sécurité : tout est resté peu ou prou dans son jus depuis la cessation d’activité en 1972. L’impressionnante machine à vapeur est toujours là et active tout un réseau de courroies reliées aux postes de découpage, décapage, ponçage, Zone de Texte: A cette date, on recense dans la région près de deux mille boutonniers qui travaillent la nacre, substance dure et irisée qui recouvre l’intérieur des huîtres perlières, escargots de mer, moules géantes, palourdes, etc. etc., mais aussi le bois, l’os, la corne, l’écaille et – plus rarement – l’ivoire. Leur nombre a presque doublé en 1900, et aux matériaux naturels s’ajoutent, après la guerre, la galalithe puis les premiers polyesters. Au milieu des années soixante-dix, l’usage du plastique moulé, puis dans la décennie suivante la délocalisation du découpage de la nacre sur les lieux de pêche en Asie, portèrent un coup fatal à cette industrie.

Zone de Texte: Par une chaude journée indolente d’août, décider de piquer vers Méru, 50 kms au Nord de Paris et à peu près autant au sud de Beauvais : l’Oise, le pays de Thelle, une ville (près de vingt mille habitants tout de même) de briques au milieu d’une campagne agricole et verdoyante. Ville endormie à l’approche du 15 août, et dont les magnifiques bâtiments qui abritent aujourd’hui le musée et le syndicat d’initiative sont installés dans la première usine de bouton actionnée par une machine à vapeur, qui vit le jour en 1859.
Zone de Texte: Méru, Musée de la nacre et de la tabletterie

Une visite relatée par Odile Blanc
Crédits photographiques : Odile Blanc

Zone de Texte: tournage, perçage, polissage, blanchissage et/ou teinture, jusqu’au conditionnement au moyen de ces curieuses pelles à compter. 

A l’étage s’expose l’histoire du bouton et de ses matériaux, lesquels servaient également à la fabrication d’éventails, de tabatières, de peignes et autres objets de toilette, de jeux de dés, d’échecs, de jacquet, de loto, et quantité d’artefacts qui se laissent découvrir dans les Zone de Texte: boîtes et tiroirs des vitrines joyeusement colorées. Ce musée titille l’enfant qui sommeille en nous, c’est certain (les bambins présents ce jour étaient les visiteurs les plus zélés), tout en rattachant ces objets plus ou moins familiers à l’antique fabrication de tablettes à écrire en os ou en ivoire, patenôtres et autres images religieuses sculptées. Un bien joli voyage. 

L’accueil du musée où l’on redescend au terme de la visite est aussi une grande boutique qui propose divers objets de nacre, de la carte de boutons à la clé USB en passant par le chapelet et le bijou, tous produits localement. Les abords du musée et son jardin témoignent enfin de la quantité astronomique de déchets générés par l’industrie du bouton. Çà et là, l’œil est attiré par un miroitement de brisures de coquillages aussi tentant… que coupant.

 

Pour en savoir plus

Vous avez dit bouton ?, Edition Communauté de communes des Sablons,, 2004

Boutons de nacre, accessoire de modernité10 septembre 2013-28 février 2014 (catalogue Somogy Editions)

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